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Leader vs Manager - Une nécessaire mise au point
2ème partie
IV - Le leader : une autre conception du travail
Habituellement, les managers se représentent le travail comme un processus comprenant différentes combinaisons d'acteurs et d'opinions inter-agissant pour définir des stratégies et prendre des décisions. Ils facilitent le déroulement de ce processus en évaluant les forces en présence et les intérêts en jeu et en planifiant la résolution des controverses. D'un côté, le manager négocie et supporte. De l'autre, il manie la récompense et la punition.
Pour obtenir l'adhésion aux solutions proposées, le manager doit continuellement négocier, tempérer et équilibrer les différentes prises de positions. Par certains côtés, c'est un diplomate ou un médiateur. Il recherche le compromis en limitant habilement les choix possibles.
A l'inverse, le leader ouvre des voies et multiplie les perspectives et les options possibles. Il projette ses idées sous forme d'images, de symboles et d'allégories pour susciter l'enthousiasme et de là développe des choix possibles pour donner de la substance à ses idées.
V - Attitudes différenciées face à la prise de risques
Le leader est prédisposé à adopter une position de risque élevé. Le danger potentiel est accepté notamment lorsque la promesse d'un gain ou d'une opportunité apparait. Pour lui, les attitudes précautionneuses et conservatrices le plongent dans une forme d'affliction.
Le manager sera naturellement guidé par une approche prudente à l'égard des risques. Son instinct de survie prend le pas sur la prise de risque.
VI - Un autre rapport aux autres
La neutralité distante du manager
Le manager recherche le travail d'équipe. Les électrons libres le rendent anxieux car ils sont difficilement controlables. De plus, le manager évite de s'engager émotionnellement dans ses relations de travail. Il maintient de la sorte une juste distance avec les autres : ni trop éloigné pour que le travail de groupe soit possible, ni trop proche pour éviter une implication personnelle trop importante.
Cette approche paradoxale des relations humaines est la clé de voute des activités manageriales car elle favorise la recherche de compromis (en évitant de prendre un parti trop prononcé en cas de conflit) et d'un équilibre des rapports de force.
En contrepartie, le manager manque généralement d'empathie et de cette capacité à ressentir intuitivement les pensées et les sentiments des personnes qui l'entourent. L'importance qu'il accorde aux autres est fonction de la place qu'ils occupent respectivement dans le processus de prise de décision.
L’intuition et l'empathie du leader : évitons les méprises !
Les relations humaines du leader sont plutôt intuitives et empathiques, ce qui ne signifie pas qu'elles soient systématiquement désintéressées. Dans les faits, l'empathie n'est pas synonyme d'humanisme, contrairement à une idée reçue largement fondée sur la théorie de "psychologie humaniste" de Carl ROGERS. L'empathie est la capacité à ressentir les pensées et les sentiments des autres grâce à la perception des différents signaux par lesquels ils s'expriment. Plus encore, l'empathie est aussi la capacité à comprendre le sens de ce ressenti et à le resituer dans la relation.