La GPEC met en avant une gestion des discriminations positives, une gestion des discriminations négatives ou une valorisation du potentiel humain ?
Michel Lazzari du cabinet Abdias Conseil jette un regard lucide et réaliste sur les pratiques actuelles. Il propose un repositionnement des responsables de gestion des ressources humaines pour une meilleure valorisation du potentiel humain.
La GPEC n’a pas le succès qu’elle mérite et pourtant on en parle depuis bien longtemps.
La loi du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail n’a pas entériné les dispositions de l’article 9 de l’accord du national interprofessionnel du 11 janvier 2008 relatif à la GPEC.
Par contre, syndicats et patronat ont entamé une négociation en juillet. Les prochaines réunions de négociation auront lieu les 12 et 26 septembre et les 10 et 17 octobre 2008.
Tandis que la Loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005 et la jurisprudence l’ont récemment remise au goût du jour. Cette loi portait notamment sur :
- L’obligation triennale de négocier la mise en place d’un dispositif de GPEC
- Les modalités d’information et de consultation du C.E. sur la stratégie de l’entreprise et ses conséquences sur l’emploi et les salaires.
Or, ni la GPEC, ni la stratégie ne se « refont une jeunesse » : les accords d’entreprise signés suite à la loi de 2005 sont plus orientés vers une GPEC «dialogue social» que vers une vraie GPEC qui serve à la fois au dialogue social au sens large mais aussi à la gestion (à l’usage des opérationnels).
Pourquoi ? Y aurait-il plusieurs GPEC ?
Répondre à ces deux questions revient à se demander à qui et à quoi sert la GPEC ?
1/ Pour les Pouvoirs Publics : prévenir les difficultés liées à l’emploi
La GPEC sert à prévenir les difficultés liées à l’emploi pour garantir un droit au travail. En parlant du droit au travail, le Conseil Constitutionnel a précisé en 1983 qu’il appartient au législateur «de poser les règles propres à assurer au mieux le droit pour chacun d’obtenir un emploi en vue de permettre l’exercice de ce droit au plus grand nombre d’intéressés ».
La conjoncture aidant (papy boom), l’Etat le fait tant bien que mal au travers du service public de l’emploi et du système de protection sociale.
L’Etat, la jurisprudence et les partenaires sociaux entretiennent cette logique liée à l’emploi :
· la loi de cohésion sociale parle de la GPEC et donne dans la foulée la possibilité de négocier des accords de méthode permettant la gestion de restructurations à « froid » ou à « tiède ».
· la jurisprudence a établi un lien étroit entre PSE et GPEC et,
· les partenaires sociaux au travers de l’article 9 de l’accord du national interprofessionnel du 11 janvier 2008 oriente la GPEC vers la sécurisation des parcours professionnels
· Les accords d’entreprise abordent timidement la stratégie, oublient de faire de la GPEC un outil de gestion décentralisé au service des opérationnels. Ils se bornent seulement à mettre en avant des dispositifs GPEC telles que la formation, la VAE, congés de mobilité, gestion des seniors, entretien professionnels, etc.
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