Le coût invisible de la prévention de la dépression
Par Frédéric Martin, coach, diplômé Harvard University MBA - SFDG.
Une étude du National Institute of Mental Health démontre qu'il est financièrement rentable pour une entreprise d'investir dans le traitement de la dépression de ses employés.
L'idée semble avoir du sens, non? Offrir des séances de relaxation, un espace d'écoute psychologique, une hot-line, un espace de détente, ne représentent pas des dépenses si importantes que ça. Avec la perspective d'augmenter le rendement, la productivité, de diminuer les absences, les retards, les erreurs de jugement, les fautes d'inattention, les comportements agressifs.
Oui, mais, me direz-vous, puisque le rapport coût-bénéfice est si évident que ça, pour quelles raisons est-ce si peu répandu ?
Quel est votre comportement lorsqu'une personne prend rendez-vous pour proposer de venir relaxer vos employés. Les probabilités pour que vous mettiez ce rendez-vous en haut de votre liste de priorités sont faibles, pour ne pas dire nulles.
Certains éléments d'explication tiennent en partie aux habitudes culturelles (l'entreprise n'est ni une clinique, ni le ClubMed).
Mais je me demande s'il ne faudrait pas faire entrer dans l'équation coût-bénéfice du traitement de la dépression les conséquences d'un éventuel changement d'esprit. Que deviendraient les rapports hiérarchiques si les employés et cadres se libéraient de leur petites névroses chéries et autres paranos? Comment se faire obéir, se faire respecter si on ne peut plus jouer à faire peur en disant attention, vous risquez l'exclusion, l'amende, la punition (de façon symbolique ou réelle)?
Cela fait des générations que l'encadrement se sert de la peur et du stress pour exiger plus et encore plus. La fin de la dépression des employés entraîne la nécessité d'un changement dans le rapport hiérarchique. Un changement d'attitude de la part de l'encadrement est possible, mais cela a un prix.
Pour obtenir un tel changement, il faut investir dans des consultants, dans des formations. Cela prend du temps et de l'argent. Economiquement, estimez-vous qu'il est plus rentable pour l'entreprise de continuer à fonctionner avec des déprimés.