Par Jean-Pierre CAMPANATO.
"SUD est souvent présenté comme la « bête noire » des DRH ; pourtant, il convient de remarquer que dès la création d’un syndicat SUD au sein d’une entreprise, cette dernière déclenche d’interminables procédures judiciaires dans le but – jamais atteint – d’empêcher la création d’un tel syndicat. Cette attitude s’explique sans doute par le fait qu’un paysage syndical souvent sclérosé existe au sein de ladite entreprise depuis des années, les « usages » et autres « rapports courtois » ont souvent laminé toute forme de lutte ; ainsi, l’émergence d’un « nouveau syndicat », à savoir SUD, change la donne et résonne déjà comme un avertissement :
il va falloir reconsidérer ses rapports avec les partenaires sociaux.
Une telle entrée en matière, à la fois juridique et conflictuelle, au moment de la création d’un syndicat SUD crée souvent un environnement tendu.
Ensuite, il convient de savoir pourquoi les DRH voient si souvent d’un mauvais œil un syndicat comme SUD : Il faut remarquer que chaque section SUD se crée régulièrement par la volonté d’individus, souvent aguerris, qui ont décidé de tourner le dos à leur ancienne organisation syndicale jugée au minimum trop conciliante vis-à-vis de la Direction d’une entreprise, afin de rétablir les fondamentaux du syndicalisme, à savoir la défense de la « valeur travail », au travers d’actions concrètes visant à défendre prioritairement le salarié, ses droits sociaux et ses acquis.
L’orthodoxie des syndicats SUD est à l’opposé de celle de nombreux autres syndicats : au cours de décennies dominées économiquement par des vagues de privatisations ou de fusions – acquisitions, SUD s’informe et s’implique au maximum dans des domaines qui naguère étaient la chasse gardée des Directions, ceci dérange régulièrement les DRH qui constatent que les salariés sont alors informés sur des sujets qui jusqu’alors ne leur étaient pas réservés.
Apprendre, comprendre puis diffuser l’information au sens large est sans doute ce qui génère le plus de conflits entre SUD et DRH.
SUD agissant ainsi dans le seul but de développer le bien–être et l’épanouissement du salarié au sein de son entreprise, il serait alors logique que chaque DRH corrige ses jugements et apaise ses rapports vis-à-vis des représentants et des élus SUD, afin de construire ensemble un dialogue permettant d’atteindre cet objectif commun."
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Mis en ligne le 15/02/08