La procédure de licenciement pour harcèlement de la hiérarchie, engagée à l’encontre de Valére Lelièvre, délégué syndical SUD à la SANEF a fait fortement réagir le syndicat concerné.
Au-delà de ce cas particulier, c’est la question du sur activisme syndical qui est posée.
La direction de SANEF avait pourtant mis en doute il y a moins d’un an la représentativité de ce syndicat en raison de sa faible activité dans l’entreprise.
Depuis, ce délégué semble avoir plus que bien reçu le message puisqu’il lui est reproché notamment d’avoir posé plus de 700 réclamations en réunion des Délégués du Personnel, d’avoir déposé 9 préavis de grève, d’avoir rédigé plus de 200 courriers à la direction… justifiant aux yeux de la direction un licenciement pour harcèlement.
SUD Autoroutes a déjà annoncé qu’il « usera de tous les recours possibles pour la défense du délégué syndical de SANEF », en craignant que l’aboutissement de cette procédure crée « un dangereux précédent, qui engendrerait d’autres victimes, à courte échéance. »
Dans un communiqué officiel, SUD Autoroutes appelle tous les salariés à s’opposer à cette procédure afin de défendre leurs « libertés fondamentales ». Il ne semble pas que le syndicat ait été entendu sur ce point dans la mesure où le CE local a déjà voté en faveur du licenciement.
Du côté de la direction de SANEF, on se refuse pour le moment à tout commentaire, rappelant juste que l’inspection du travail a été sollicitée afin de donner son accord, conformément à la loi.
La décision de justice qui ne manquera pas de suivre ce licenciement (soumis pour le moment à autorisation administrative) sera particulièrement intéressante si elle parvient à établir des éléments concrets pour trancher entre sur-activisme syndical et harcèlement.
Affaire à suivre…
Lire l'article : Lettre ouverte du Secrétaire Général SUD Autoroutes aux DRH
Alexis Pinot de Villechenon
Mis en ligne le 13/02/08