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feuille Le coaching n'est pas une psychothérapie !
Le Coaching est une philosophie du dépassement. Par Christian Durand. Organon Consulting.

clip_image0002Le coaching n’est pas une psychothérapie ! Le coaching ne guérit personne,
parce que le coach ne travaille pas avec des malades ou des victimes mais avec des dirigeants ou des cadres responsables qui cherchent à résoudre, en toute bonne foi, des problèmes vécus par et dans une collectivité que l’on appelle « entreprise ».



Si l’aspect « développement personnel » est impliqué dans une telle démarche, c’est au profit d’une collectivité qu’elle s’exerce. Si le coaching est un « investissement » sur une personne, il s’inscrit néanmoins dans le cadre collectif du management global de l’entreprise.

Le but recherché est concret, il vise l’efficacité par l’amélioration des Ressources Humaines.


C’est cette philosophie pragmatique qui justifie la pratique du coaching en situation professionnelle.
C’est une certaine idée de la relation humaine basée sur l’éthique (bien être de tous) qui rend cette intervention justifiée.

Le coaching est un dialogue et se fonde sur une philosophie de l’échange loyal et ouvert. La confiance y tient un rôle central et le but est éminemment social. Il s’agit pour la personne coachée d’acquérir ou de développer des talents susceptibles d’améliorer la qualité de son travail et donc les profits de toute l’entreprise.

Ce n’est pas seulement l’individu qui en est la visée, mais l’homme au service d’une logique collective, l’homme social en relation constructive avec son environnement. C’est là une affaire de philosophie pragmatique au sens anglo-saxon[1]. La finalité n’est pas de satisfaire un ego, mais d’intégrer des individus à des organisations qui font vivre concrètement les hommes entre eux. Ce qui fait vivre l’entreprise, c’est l’union de ses forces, liées par un but et un langage communs. Le coaching se fait dans et pour la collectivité/entreprise et doit être utile à tous. Il est au service du système qui fait bien vivre ensemble une communauté de salariés. La conscience que l’individu n’est pas isolé mais lié à un tout, lui permet d’être heureux et libre dans son travail.


La pratique du coaching se distingue de celle de la psychothérapie par sa dimension avant tout sociale.[2]
Or, quand on compulse les ouvrages qui servent de référence à beaucoup d’instituts de coaching, on y rencontre quasiment que des psychologues, des médecins, des psychiatres, etc. Eric Berne, Taibi Kahler, Carl Rogers et autres psychiatres (ou antipsychiatres).
Il est vrai que L’école de Palo Alto, souvent citée dans la littérature du coaching, est très importante dans le cadre défini plus haut, car elle est en relation avec la théorie générale des systèmes et certaines théories cybernétiques de la communication. Toute cette littérature est très éclairante et très utile, voire indispensable pour un coach. Cependant des auteurs de culture française, plus philosophes que psychologues, comme Canguilhem, sont importants, et sont rarement cités. Il est bon d’avoir une culture large et ouverte quand on est coach, mais en aucun cas ce savoir est réductible à une panacée « modélisable.»

La méthode, c’est l’écoute ouverte (mode d’analyse éclairé par une culture), le dialogue, l’argumentation et la synthèse.
Bref, c’est de l’antique dialectique dont nous parlons, elle règle les techniques et la déontologie du coach en évitant les schémas réducteurs.
Quand on traite, par exemple, le cas d’un salarié qui se sent discriminé,[lire le témoignage] on travaille sur la structure, sur le « système » qui engendre ce sentiment et on demande à celui-ci d’analyser les raisons objectives qui conduisent à cette interprétation d’une réalité.

On doit aider la personne « coachée » à prendre en main son destin dans la collectivité en lui proposant des stratégies d’intégration. Depuis Frazer et, en France, grâce à René Girard, nous savons que n’importe lequel d’entre-nous peut subir un jour un rejet de la part d’un groupe. Les univers sociaux sont ainsi faits qu’ils ont besoin de boucs émissaires, de victimes expiatoires.

L’ignorance est souvent la cause de bien des peurs, de bien des conflits. Dans l’entreprise, la peur et les conflits sont donc très répandus. Pour gagner sa vie, il faut admettre que l’on doit savoir souffrir. La souffrance n’est donc pas une maladie, c’est la condition humaine, il ne faudrait pas l’oublier. La connaissance de notre condition peut nous permettre d’avoir le courage d’être utile et de construire avec autrui une relation responsable, constructive, vivante et libre. Un coach ne doit pas conduire l’introspection complaisante des faiblesses du manager qu’il est censé soutenir. Il doit, au contraire, le soutenir vers le dépassement de ses peurs en éclairant sa raison.

[1] Cf. Ludwig Wittgenstein et surtout Charles Sanders Peirce

[2] C’est peut-être aussi cette hégémonie du « psy » qui nous fait exiger au moindre accident de la vie une « cellule psychologique », un « procès réparateur », ou une chimie susceptible de nous faire voir la vie en rose. Cette pratique sociale qui se généralise tend à déresponsabiliser et finalement aliène notre liberté.

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